Son

Extrait de : Intime des glaces.

Fréquenter la glace.

Composer.

Formater un espace-temps. Un mini écosystème, pétri de science, de poésie et de sons fleuviens. Un espace temps de vibrance, d’écho, de liberté. Un espace temps hors du temps.

Respirer plus ample.
Respirer large.
Respirer grand largue.

Créer une conscience qui dure à l’intérieur de nous. Une conscience qui rappelle l’importance de l’interstice entre les corps. Du lieu qui s’insère entre les corps. Un lieu qu’il faut préserver et valoriser. C’est là que la relation humain/nature existe, vibre.

Amplifier les forces à l’œuvre dans l’espace entre les corps.
Là où il peut y avoir de la résonance.

Écoutez Intime des glaces.

Extrait de : Collaboration très spéciale: journalisme indépendant en région.

Une immersion sonore dans les coulisses du journalisme indépendant. On y suit la reporter Johanne Fournier pas à pas lors d’une journée de travail.

Johanne Fournier couvre les communautés gaspésienne et bas laurentienne depuis plus de 25 ans.

Journaliste indépendante, elle réalise des enquêtes journalistiques à la pige.

Ses articles et photos paraissent notamment dans Le Soleil, Le Soir, La Terre de chez nous, Graffici et Pêche Impact.

Faire six heures de route pour couvrir une conférence de presse. Trier 700 courriels par semaine. Dormir dans sa Jojo-mobile. Pour elle, le photo-journalisme est un mode de vie.

Extrait de : Le sonore de Caroline Boë.

Et les sons attachiants. Qu’en faire?

Les écouter
Se laisser apprivoiser
Les composer

Caroline Boë a développé une typologie des 5 écoutes du soin de l’écoute :

Écoute défiltrante
Écoute musicale
Écoute de soi
Écoute causale
Écoute de l’autre

En quelques mots :

  • Où on écoute ces sons d’intensités et de fréquences constantes qu’on oublie mais qu’on perçoit en permanence et qui sont épuisants.
  • Où on prête attention uniquement à la musicalité du son.
  • Où on se demande qu’est-ce que ça me fait d’écouter, est-ce que j’aime tel son, est ce que celui-là je voudrais le dégager d’urgence de l’espace public?
  • Où on se demande d’où provient ce son, par quoi il a été généré?
  • Où on cherche à savoir comment l’autre nous perçoit. Par exemple, quand je marche à côté de lui, qu’est-ce qu’il entend? Est-ce que je suis bruyant? Quelle délicatesse j’ai?
  • La réflexion sonore se poursuit. Avec l’idée d’accepter de ne pas accepter certains sons. Avec la notion de silence, des différents silences. Avec la notion d’éthique. Éthique de la sincérité dans la quête et la composition des sons.

    Les sons que je peux composer entre eux ne sont pas transformés par rapport à ce que j’ai enregistré.

    Éthique dans la prise en compte de l’autre.

    J’ai une éthique du partage, puisque je fais participer du public dans la sonothèque anthropofonie.org.

    Éthique de l’éthique.

    Le problème avec la notion d’éthique c’est qu’elle est anthropocentrée. Maintenant on en est à penser aux autres espèces, à mettre l’être humain un peu en arrière et on est coincés…

    Le sonore est une façon d’être. D’être attentif. D’être conscient des autres. Une forme de raffinement social.

Extrait de : L’écologie, le sonore et l’art dans l’art sonore écologique.

L’art sonore écologique. Un art engagé dont l’éthique exige de capter des sons naturels réels. Un art pratiqué avec humilité. Où l’écoute est mise de l’avant. Un art sonore qui prend souvent appui sur la science.

Le sonore de l’art sonore écologique :

Le sonore est une façon d’appréhender le monde. Une façon de penser. Faisant honneur au son, embrassant les particularités du sonore. L’art sonore écologique est une pratique « acoustémologique », alliant le sonore et l’épistémologie.

Réfléchir de façon sonore est nécessaire, face à la crise environnementale.
Parce que la crise environnementale est notamment une crise dans la façon de raconter des histoires.

L’art sonore écologique veut donner une voix à la nature. « Voix de la nature » signifie, selon nous :

Une manifestation en discours et en sons, donnant à la nature une présence magnifiée et faisant d’elle une autorité.

Extrait de : Le piège à sons de Marc Namblard.

L’audionaturaliste Marc Namblard capte le pouls sonore de la nature. Il accorde son tempo de quête audio au rythme des pulsations de la nature, ajuste son allure aux temps de la campagne.

Marc Namblard utilise le mot « palpitation » pour décrire l’essence du son de la nature. Il décrit ses captations sonores comme des oscillations entre les moments d’explosions sonores et les moments où ça se calme. Puis, de nouveau des explosions, puis de nouveau le calme.

Donc c’est vraiment une palpitation, oui. C’est des questions de rythmes, de cycles.

Il célèbre la pluralité infinie des sons du cosmos.

Quelque chose palpite, se répète, mais ce n’est pas la même chose d’une fois à l’autre. Et entre les battements, il y a des silences. Silences habités par des micro événements. Silences qui évoluent en permanence.

Pour faire honneur au son de la nature, dit-il, il faut lui accorder son temps. Plutôt que d’imposer une temporalité humaine. D’où la nécessité d’utiliser ce qu’il appelle un piège à sons : un dispositif d’enregistrement autonome, muni de piles externes avec 48 heures d’autonomie. Le piège à sons permet à Marc Namblard de saisir des sons impossibles à capter autrement.

Il peut installer le dispositif sur un terrain où il a repéré des indices de présence animale. Ou bien dans des zones calmes, sans bruit entropique. Il peut aussi déposer le piège en lisière de forêt. Ou dans zones où il y a un étagement de la végétation -il captera alors différents sons, sons d’oiseaux très bas, plus haut perchés, plus lointains, etc.

Le temps du captage sonore de la nature et le temps de la composition sont pour lui des temps différents.

Quand je suis sur le terrain pour enregistrer des sons, jamais je ne pense à ce qu’ils vont devenir. Je suis entièrement tourné vers ce qui se passe au moment où ça se passe, vers le geste de l’enregistrement.

L’écoute des sons captés sera différente selon les projets. Est-ce une composition naturaliste ou de la musique?

Je vais aller piocher dans mes banques de sons et je vais écouter les sons que je vais sélectionner de manières différentes, parce que la perspective sera distincte. C’est très dissemblable lorsque je m’engage dans un projet qui a une coloration naturaliste prononcée, ou lorsque je travaille sur des projets avec des musiciens en musique concrète où là tout est permis.

En musique, le contexte de l’enregistrement n’a plus tellement d’importance, ce qui est important sont les sons en eux-mêmes, les textures. Donc du coup, ça devient complètement autre chose, ça nous amène complètement ailleurs et ce n’est plus la même écoute.

Pour une composition naturaliste, Marc Namblard a besoin d’avoir un graphique, quelque chose d’écrit.

Oui des trames de composition, qui me donnent une architecture générale. Des mots clés, des couleurs aussi, des couleurs de son, des silences. Je note sur papier et c’est ma base. Après je travaille sur l’ordinateur avec ces bouts de papiers comme ça qui sont affichés devant moi.

Des thèmes apparaitront. Il travaille avec la densité, des traits clairs ou foncés, des transparences.

[…] cette approche esthétique est très libre, voire même libertaire par rapport aux sujets d’écoute et de travail. […] quand je sors le matin avec mes micros, je ne sais pas ce que je vais enregistrer et je vais accueillir ce qui va se produire… je vais changer de sujet peut-être une dizaine de fois dans la journée.

Pour s’y retrouver, Marc Namblard enregistre ses commentaires en direct. Puis, pour garder le fil de ses enregistrements, il inscrit date, jour, heure, infos géographiques, ambiance large ou focus, événements saillants -une espère rare par exemple- sur ses fichiers audio. C’est sa façon d’organiser les palpitations de la nature.

Extrait de : Un seul cœur qui bat

Une composition sonore écologique.

Se fondre à l’estran, l’intégrer, fusionner.

La marche, les pas, marquent la quête le mouvement.

Nommer les espèces, pour montrer du respect, pour la postérité, pour soi.

Nommer pour prendre part, accepter une responsabilité dans les enchevêtrements dont nous faisons partie.

Les répétions et les chuchotements pour refléter la connivence, l’intimité, la joie.

Respirer, humer, parce que quand on inspire, on inspire le monde. Il passe à travers le corps. Quand on expire, le monde est un peu différent parce qu’il est passé à travers le filtre corporel.

Respirer avec les algues, les roches, les mollusques, c’est reconnaitre que ces algues, roches, mollusques permettent, justement, de respirer.

Les sons de l’estran sont des ondes de forces mythiques, d’agentivité, de récalcitrance.

Le rythme embrasse les vibrances de chacun, humains et non-humains.

Même à peine audible, la pulsation sonore est toujours présente -les molécules sonores vibrent. Il existe un tempo de fond, un roulement, un battement, un tambourinement constant entre les corps humains et non humains.

Toutes les textures et tous les sons sont vrais.

Extrait de : Occuper et préoccuper l’oreille citoyenne 3

Dans la foulée du projet « Occuper et préoccuper l’oreille citoyenne », une immersion sonore dans le quotidien d’un site d’informations hyperlocales.

Sont mises en relief les multiples convergences.

  • Convergence pour distribuer les contenus sur toutes les plateformes possibles.
  • Convergence des rôles de journaliste, de rédactrice en chef et d’entrepreneure ( réticente ) – il faut que les sites d’information soient en bonne santé financière pour que le journalisme ait lieu.

  • Convergence sous forme de partenariats pour échanger ou partager des couvertures journalistiques avec d’autres médias locaux.
  • Éviter la convergence pub / reportage tout en faisant converger journalisme / services à la collectivité.
  • Des actus au coin de ta rue.

Extrait de : Occuper et préoccuper l’oreille citoyenne 2

Dans le balado « L’info continue dans un hebdo », nous faisons une incursion sonore dans le quotidien d’une reporter d’Info Dimanche.

Une quête continue d’information, l’intimité avec la communauté et l’engagement d’une journaliste se révèlent.

Le pouls sonore dévoile :

  • Les impératifs de production : Alimenter le site web, les réseaux sociaux, l’infolettre. Même dans un hebdo, l’information se livre au quotidien. Les liens avec la communauté s’entretiennent chaque jour.
  • La quête continue, incessante d’information. Une simple citation du maire peut servir à lancer un reportage.
  • L’intimité avec le milieu : Tisser des liens solides avec les membres de la communauté. Accepter la part de « militantisme » dans le journalisme régional« : vouloir que la région se développe, grandisse, aille bien.
  • InfoDimanche.

Extrait de : Mobiliser le corps audio pour créer du sens.

Raconter une histoire vraie, prenante, interpellante, à la radio ou dans un balado, dont l’auditoire émerge transformé, touché, instruit, exige de creuser plusieurs sillons sonores à la fois.

Comment s’y prendre?

Pratiquer l’immersion sonore. Être à l’écoute du monde sonore, des signaux culturels, sociaux et environnementaux.

Laisser le son envahir le corps, s’emparer du corps, l’habiter, l’astreindre à résonner.
Que le son s’immisce dans la tête, interpelle les os et les nerfs.
Que le corps devienne un site, sur lequel s’inscrivent les informations sonores.

Utiliser son corps en étant attentif aux informations dans le fond sonore, son intensité et son rythme, dans le « grain » des voix, leur intonation, leur modulation, leur inflexion.

Être alerte aux silences, soupirs, apnées, aux mots, phrases, à la façon dont ils sont énoncés, à leur signification, à la sincérité ou à l’absence de sincérité de même qu’à ce que les voix dévoilent des motivations des personnes.

Puis, orchestrer les textes et textures, les dit et non-dit. Pour rendre le réel plus vrai que vrai. Plus éclatant que la réalité brute.

Autrement dit : mobiliser son corps audio.

Un corps audio capteur, en mode d’attention somatique.
Un corps audio transducteur, agissant à la fois comme un filtre, un convertisseur et un mixeur de stimuli sonores hétérogènes.

Le corps audio transducteur crée de nouvelles réverbérations, de nouveaux échos sonores, il transforme la substance des éléments qu’il traite. Il crée du sens.

Le montage sonore mobilisera ensuite le corps de l’auditeur. Son corps pourra être immergé, plongé en profondeur dans le son.

L’écriture sonore est un processus démarrant avec une quête d’informations immatérielles et un dialogue avec le son sous toutes ses formes, même inaudibles.
Elle se poursuit avec une collecte mobilisant le corps audio capteur et transducteur, y compris l’affect de l’auteure sonore.
Elle culmine en une composition resignifiant le réel qui instruira sonorement le corps de la personne qui écoute, jusque dans son affect.

L’écriture sonore crée du commun en amenant les corps à vibrer en harmonie.

Chaque corps instruit de l’auditoire résonne et raisonne différemment.

Les façons de créer du sens se renouvellent, se transforment.

Extrait de : Occuper et préoccuper l’oreille citoyenne.

L’immersion sonore dans la salle de rédaction se ressent ainsi : une masse d’informations désordonnées frappe le corps audio capteur.

Les sons ambiants se superposent, sans cohérence ni hiérarchie : les bips des cellulaires, les collègues qui échangent entre eux, les touches de clavier qui raisonnent auxquelles s’ajoutent les pages de cahiers déchirées, l’imprimante en marche, le bourdonnement des serveurs et le sifflement de la ventilation.

À ces sons ambiants s’ajoutent les manifestations sonores du reporter.

Sa voix, ses tons, ses rythmes, ses débits, sa fluidité – par exemple le ton du reporter montrant de l’impatience, ou sa respiration s’accélérant, ou ses explications devenant hachurées parce qu’il a trop de tâches à réaliser en même temps.

La mise en forme sonore superpose ensuite des strates d’information : extrait de la nouvelle du jour – explication ou réflexion du reporter à voix haute – suite de la nouvelle du jour – réaction du reporter, etc.

Les changements de ton et de registre (voix autoritaire du reporter quand il livre la nouvelle du jour, puis, chuchotement d’une confidence à propos d’une source) donnent des strates supplémentaires d’information à l’auditoire : le reporter n’est pas neutre ni indifférent face à la nouvelle du jour, il doute, se questionne, commente.