Balades sonores sur la plage, les rochers, les falaises, dans les tales de petits fruits et le long de la voie ferrée. Le fleuve Saint-Laurent tout près.
Dans le cadre de Formes & couleurs des souvenirs d’Iseaube Myette-Bergeron.
Écoutez
Balades sonores sur la plage, les rochers, les falaises, dans les tales de petits fruits et le long de la voie ferrée. Le fleuve Saint-Laurent tout près.
Dans le cadre de Formes & couleurs des souvenirs d’Iseaube Myette-Bergeron.
Écoutez
Fréquenter la glace. Se remplir les yeux, les narines, les pores de peau. Se tapisser l’intérieur de la lumière, des micro mouvements, du froid.
Constater.
Les glaces protègent le fleuve.
Elles créent une frontière avec les humains.
Les glaces cristallisent le fleuve.
Elles créent une heure bleue.
Marée haute, marée basse, les glaces bougent. Comme des continents mouvants.
Formater un espace-temps. Un mini écosystème, pétri de science, de poésie et de sons fleuviens. Un espace temps de vibrance, d’écho, de liberté. Un espace temps hors du temps.
Respirer plus ample.
Respirer large.
Respirer grand largue.
Une conscience qui dure à l’intérieur de nous. Une conscience qui rappelle l’importance de l’interstice entre les corps. Du lieu qui s’insère entre les corps. Un lieu qu’il faut préserver et valoriser. C’est là que la relation humain/nature existe, vibre.
Amplifier les forces à l’œuvre dans l’espace entre les corps.
Là où il peut y avoir de la résonance.
Écoutez Intime des glaces.
Se fondre à l’estran, l’intégrer, fusionner.
Une composition sonore écologique.
La marche, les pas, marquent la quête le mouvement.
Nommer les espèces, pour montrer du respect, pour la postérité, pour soi.
Nommer pour prendre part, accepter une responsabilité dans les enchevêtrements dont nous faisons partie.
Les répétions et les chuchotements pour refléter la connivence, l’intimité, la joie.
Respirer, humer, parce que quand on inspire, on inspire le monde. Il passe à travers le corps. Quand on expire, le monde est un peu différent parce qu’il est passé à travers le filtre corporel.
Respirer avec les algues, les roches, les mollusques, c’est reconnaitre que ces algues, roches, mollusques permettent, justement, de respirer.
Les sons de l’estran sont des ondes de forces mythiques, d’agentivité, de récalcitrance.
Le rythme embrasse les vibrances de chacun, humains et non-humains.
Toutes les textures et tous les sons sont vrais.
Le fleuve se lie à la lune et au soleil. Une forme d’engagement. Engagement à jouer son rôle. Intégrité.
Le sens du fleuve. L’essence du fleuve. Le sens qu’il donne à son essence.
La puissance du fleuve. Les vagues, les courants, le mouvement incessant, obstiné. Reflet de l’agentivité de l’humain.
Ahurissance du fleuve dans sa capacité d’affecter et d’être affecté.
La résilience du fleuve. Le fleuve résiste au contrôle. Il interagit, mais il revient toujours à lui.
Modification du paysage en réponse aux assauts, aux grugeages.
Récalcitrance du fleuve, résistance.
Donner une voix au fleuve Saint-Laurent. Susciter une alliance entre l’humain et le fleuve.
La durabilité bioculturelle nécessite des espaces de collaboration renouvelés entre les humains et les non-humains. « Corps à corps avec le fleuve » met de l’avant l’agentivité du fleuve. Cette agentivité à la fois similaire, complémentaire et en compétition avec l’agentivité humaine, fait naitre un désir d’alliance humain-fleuve. Une solidarité inédite peut éclore. C’est le but visé.
L’agentivité est vue ici comme le pouvoir intrinsèque ou inhérent d’un humain ou d’un non-humain à agir, à persister. Bennett (2010) décrit l’agentivité d’un non-humain comme « a thing-power », doté de « récalcitrance », de persistance. Cela est très similaire au désir de durer de l’humain. Ces agentivités humaines et non-humaine, en relation l’une avec l’autre, se reconfigurent sans cesse et sans limite.